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Olivier Spinewine

March 18, 2022

18/03 – 01/04

ouverture
vendredi 18/03 18h

expo accessible les vendredis de 17h à 20h et les samedis et dimanches de 14h à 19h


Olivier Spinewine est plasticien et enseignant. Il dessine, photographie, écrit et édite. Au Clignoteur, il présente deux recherches parallèles Le pédiluve, série dessinée qui explore et interprète le pied comme contrainte formelle, variant les techniques et les supports dans une tentative d’épuisement du sujet où affleurent tour à tour humour et angoisse ; puis Villevue, quête du voir et du faire-voir, travail photographique du quotidien édité à la fois sur Instagram et dans une série de revues mises en page sur Excel, un logiciel si peu adapté à cet usage que les accidents qui s’y produisent offrent au regard une fraîcheur et une poésie nouvelles. Le pédiluve c’est aussi un ouvrage (1) aux éditions Lustre. Sa sortie le 1eravril coïncidera, au Clignoteur, avec le concert de Brèche de Roland, pour qui Olivier Spinewine signe les dessins du premier EP (2)fin : début (dear.deer.records, 2022).

Si les similitudes entre les deux recherches ne frappent pas de prime abord, celles-ci sont néanmoins perceptibles dans la démarche que poursuit Olivier Spinewine. Par opposition, déjà : alors que Le pédiluve exige du plasticien une très grande rigueur, Villevue lui octroie ces moments de repos, d’attention flottante, cette narration qui se donne sans qu’on la cherche. Et ce cadeau trouvé est peut-être – dira Olivier – la talonnette qui lui permet d’arpenter les chemins de l’expérimentation. Le pied comme l’exprime Georges Bataille dans « Le gros orteil », c’est la polarité entre l’immonde et l’extrême séduction (3). En cherchant à en décliner la forme au travers de plus de quatre-vingt dessins à ce jour, jouant avec les éléments du pied sans métaphore, Olivier Spinewine s’extrait absolument du stéréotype et propose au regardeur un recul, un œil neuf qui provoque l’émotion. Il en va de même avec les photographies de Villevue qui, décadrées par la mise en page, sont autant d’anti-couchers-de-soleil, de pieds de nez aux clichés de genre.

Récemment, Olivier Spinewine propose d’ailleurs une fusion par collage de ses travaux photographiés et dessinés. Au travers de ses différentes démarches, on retrouve ce souci quasi pédagogique de l’enseignant en sémiologie : une quête du sens rendu à l’image, un refus de la lassitude, voire de l’indifférence. Nous reste de cet univers si particulier une gratitude pour tant d’harmonie esthétique, pour cette légèreté que côtoie la curiosité, pour l’éveil né.

Laurence Baud’huin, février 2022

  1. Le pédiluve, 2022, Lustre éditions
  2. Brèche de Roland, fin: début, cover Olivier Spinewine, dear.deer.records, 2022
  3. Georges Bataille, “Le gros orteil,” Documents 6 (November 1929): 297-302

Brèche de Roland

en concert au Clignoteur le vendredi 1er avril à 20h

La brèche de Roland n’est pas seulement une curiosité géologique des Hautes-Pyrénées françaises. C’est aussi l’alter ego de Coraline Gaye. Enseignante, autrice et musicienne, elle est d’abord une amoureuse des mots et des mélodies, qu’elle lie et délie pour créer des petits mondes sensoriels uniques. D’une aventure quasi solitaire, Brèche de Roland est devenue une réalité à plusieurs visages.

Enregistré en août 2020 et produit par Gil Mortio, le premier EP de Brèche de Roland, fin:début, est sorti le 12 novembre 2021 sur le label bruxellois dear.deer.records.