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Patrice Deweer: Le Feu Follet

June 10, 2016

Patrice Deweer: Le Feu Follet

WANDER, WONDER, WILDERNESS

11.06 – 02.07 / vernissage 10.06 – 18h30


FR

« Le feu follet », phénomène atmosphérique étrange et inexpliqué, à la fois séduisant et terrifiant, qui enchante les voyageurs nocturnes mais les attire dans les marais et les précipices, ou au fond des forêts.

NL

“Le feu follet” of dwaallicht is een natuurverschijnsel ‘s nachts te zien boven moerassen, poelen en kerkhoven die voorbijgangers afleiden van het rechte pad…

EN

“Le feu follet” (Ignis Fatuus) refers to the Atmospheric ghost lights seen by travellers at night, especially over bogs, swamps or marshes. It resembles a flickering lamp and is said to recede if approached, drawing travellers from the safe path….



In his recent oeuvre ‘Le Feu Follet’ Patrice Deweer takes us along for a trip in fields and woods. ‘wander, wonder, wilderness’ , as the subtitle puts it so accurately.

Knowing that – in western Europe – authentic nature is becoming more and more scarce, Patrice Deweer fully admits the fact that representations of nature cannot be anything other than deceptive and untruthful. The photographic representation of nature is by definition a lie or a shortcoming. Patrice Deweer not only accepts this idea, but even embraces it. With a technical camera and tripod on his back he sets out into ‘the remains of nature’. He loves working under the full moon with long shutter speeds. His quest embodies the romantic belief of discovery beyond the measurable.

His pictures are a lot like him ; in the images sits a profound gaze on the enigmatic and the aesthetic. His images balance between wonderment and reflection, emotionally charged, but still technically refined. Patrice Deweer is not a countryman, he is undoubtedly a city dweller, a dandy, an esthete, but then again, one with great love for nature and an inclination towards its dark and magical aspects.

The contradictions in his oeuvre revolve around a number of axes, these being  ; humanity, art, science, monochromatic coloration, spontaneity, control, and most of all truth versus fiction. The latter juxtaposition is the nurturing ground from which the title ‘Le Feu Follet’ is derived. In English : the jack-o’-lantern, the Marsh Fire  : a traitorous phenomenon often seen in marshes or around cemeteries, leading astray the most easily fooled. The mise-en-scène at Le Clignoteur refers to this foggy ‘Nacht und Nebel’ atmosphere and the wonderful artificiality of such film-set scenery.

In addition to the material of the exhibition and his research on these ‘follies on perception’, Patrice Deweer presents us with a photobook under the same name ‘Le Feu Follet’, using a series of spontaneous shots, snapped from his city-life. These ‘real life’ snapshots have sprung from a period of ‘roaming’ and ‘dis­orientation’ in a wholly different ‘intoxicating’ wilderness, more specifically : city (night)life with its innumerable flickerings and ‘feu follets’, trying to lead astray the main character. But the main character is not so easily fooled. As a result, the photobook is drenched in wonderment and fascination, but above all in beauty and mystery. Patrice Deweer succeeds in blending nature and the city, while dis­secting nature ‘inside’ in comparison with nature ‘outside’ ; and all of this: blue-lit, under a full moon, shining bright.

Original text Rewritten in English by Peter Waterschoot.


Pour Le feu follet, Patrice Deweer présente une série de photographies où la nature apparaît dans une prétendue authenticité, sans âge ni souillure. Sauvage ? Indomptée ? Patrice n’est pas dupe. Il sait que la photo ment toujours. Il s’enfonce dans les bois avec son matériel sur le dos, chambre technique et trépied. Il travaille de nuit et ses temps de pause font des tours d’horloge : l’humain, le temps sont des réalités indissociables de chacune de ses images. Pourtant, la promenade est empreinte de romantisme et c’est de cet échange entre technique et états d’âme que naissent les photos. L’impact de la nature est bel et bien réel.

Les photographies de Patrice lui ressemblent. Elles s’émerveillent devant le beau et le terrible, le besoin de profondeur et de frisson. Ce sont des images d’émotion. Pourtant, on y lit aussi la maîtrise technique et le contrôle, le raffinement. La raison s’y distille. Patrice est incontestablement un citadin, un esthète cultivé, un chercheur. Mais c’est aussi un homme guidé par le regard et le goût pour ce qui peut sembler féerique, sombre, excitant. Plus artiste que scientifique, il se sent libre des contraintes objectives et face à ses questions, choisit la référence plutôt que la réponse.

Humanité – nature, art – science, couleur – monochromie, spontanéité – contrôle, mensonge – vérité, une série de concepts contraires et réciproques est à la base de tout son travail. Ainsi ces feux follets, phénomènes atmosphériques étranges et inexpliqués, gost lights à la fois séduisants et terrifiants qui enchantent les promeneurs mais les attirent dans les marécages. Ainsi, également, la mise en espace au Clignoteur, qui plonge le visiteur dans une ambiance de mystère pour laquelle obscurité et brouillard sont recréés dans une artificialité assumée.

Où commence, où s’arrête la notion de nature ? À l’ère anthropocène1, alors que le point de non-retour climatique est atteint, isoler l’homme de l’équation est devenu impossible. D’autres questions se précipitent alors : est-il toujours possible d’errer ? Peut-on encore s’étonner ? Que recouvre, aujourd’hui, la notion de sauvagerie ?

Poursuivant sa recherche, Patrice Deweer intègre dans cette exposition un livre éponyme, dans lequel il propose en perspective une série de photos spontanées, à la fois scènes de villes et paysages. Errance et perte de repères prennent alors un autre sens, celui d’une fuite en avant, d’une ivresse. L’étonnement touche à la fascination ; la sauvagerie à la solitude et à la violence. Pourtant, la beauté, le mystère, affleurent à chaque page. L’exploration, qu’elle soit sylvestre ou urbaine, amène le photographe à la réconciliation des extrêmes, à éclairer d’un rayon de lune notre part d’ombre.

Ici encore brûle le feu follet, merveilleux, féerique et pourtant né de la putréfaction.

Laurence Baud’huin

* Néologisme popularisé en 1995 par Paul-Joseph Crutzen, Prix Nobel de chimie, et qui désigne l’ère géologique actuelle, marquée par l’influence des hommes sur la biosphère et le climat.


Vrijdag / Vendredi 10.06 – 18h30
VERNISSAGE

Zaterdag / Samedi 02.07 – 20h00
FINISSAGE
CONCERT POL ISAAC
In the ‘90s, Pol Isaac was one of the driving forces in several undeground projects in Kortrijk, Belgium. He worked live with Galatasaray and Ozark Henry. In 2000, he started making music for dance & theatre and playing solo livesets. In 2007 he released a first record, ‘Godelieve’ on Radical Pigeon, followed in 2010 by a record on Usain Bolt Records.


In de marge van de expo…
En marge de l’expo…

Vrijdag / Vendredi 17.06 – 20h00
Chambre d’écoute

Cette 60ième chambre d’écoute obéit à un autre cahier de charges. Patrice Deweer nous a instamment demandé de créer une sorte d’environnement sonore pour accompagner l’exposition. Nous allons donc creuser, avec enthousiasme, ce chemin a priori balisé. L’univers visuel et sensuel de Patrice est riche de possibles à explorer. La contrainte est souvent créatrice !

En collaboration avec RED/Laboratoire Pédagogique

Donderdag / Jeudi 23.06 – 20h00
CINéCLUB: SUB (Julien Loustau 2006, 45 min, vidéo)

Le lac Vostok est prisonnier sous les glaces de l’Antarctique, isolé du reste du monde depuis des millions d’années. La seule technologie qui permettrait d’atteindre le lac sans risquer de le contaminer serait le Cryobot, une sonde conçue par la Nasa pour l’exploration d’océans subglaciaires sur Mars.
En Chine, dans la région des Trois Gorges, on finit de construire le plus grand projet hydroélectrique du monde. Le barrage a déjà noyé 600km de vallées déplacé plus de 1,8 millions de Chinois. Le long d’un voyage nocturne sur le fleuve Yangtze, dans l’exploration distante de ses berges, le film envisage l’odyssée solitaire du cryobot à travers les glaces jusqu’au lac Vostok.

« Des nombreux films découverts en festivals ces dernières années, Sub (…) se distingue comme l’un des plus beaux, l’un de ceux où recherche plastique et acuité documentaire trouvent la plus naturelle symbiose. » — Cyril Neyrat, Cahiers du Cinéma n°630, 01 2008

En collaboration avec 68 Septante asbl

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